Les curieuses « bagues de tranchées »

Les bagues de tranchées ou « bagues du poilu », qu’elles soient très simples ou finement ciselées, ont été fabriquées en quantité par les poilus pendant la grande guerre. Populaires parmi les soldats, ceux-ci les fabriquaient afin de tromper l’ennui dans leur interminable gardes. Les bagues, une fois terminées, étaient utilisées comme porte-bonheur ou étaient offertes en cadeau à leurs épouses et fiancées restées loin du front.

Pour fabriquer ces bagues, les soldats utilisaient l’aluminium des fusées d’obus allemands. L’aluminium est en effet la matière première idéale pour ce genre de tâche : c’est un métal malléable, qui fond à 650°, se moule aisément et est peu oxydable.

Les poilus découpaient directement des rondelles dedans ou le fondaient et le coulaient dans un moule taillé dans une pierre. La bague ainsi formée était ensuite limée et polie au papier émeri.

Pour orner ces bijoux, on pouvait trouver des motifs de fers à cheval, des fleurs de chardon, des initiales, une croix de Lorraine, de simples frises géométriques ou encore un portrait de poilu.

Un poème, écrit en 1915 par deux sergents du 312ème Régiment d’infanterie, Jean Bory et Charles Doulzech évoque ces anneaux :

Cette bague n’est, pas, certes la plus jolie,
Mais elle porte un nom :  » La bague du poilu »
Elle fut ciselée par une main amie,
En songeant, tristement au doux bonheur perdu.
Elle rappellera, plus tard, à notre coeur,
Que durant la journée passée dans la tranchée,
Elle me procurera, un peu de vrai bonheur
En reportant vers vous, mes meilleures pensées.
J’ai passé des moments heureux à la fourbir,
Et chaque limaillon en est un souvenir.
Cette encoche au chaton ? C’est l’obus qui a éclaté,
Soulevant prés de moi un affreux tourbillon !
Cette petite fleur qui lentement la flatte !
C’est la certitude que nous nous aimerons !
Elle fut ciselée par une main amie.
Et vous l’accepterez, comme un tendre présent
De celui qui, un soir, vous a donné sa vie.
En qui à juré toujours, de rester, votre amant…

 

Si les bagues étaient les bijoux favoris des poilus, on pouvait aussi trouver d’autres bijoux de tranchées, comme cette macabre broche, que le soldat blessé Thomas Kitching confectionna à partir d’un os de son propre fémur, après qu’un obus ait emporté sa jambe dans la somme, en 1916. Il offrit la broche à sa bien-aimée, Lizzie Hunter. Ce cadeau étrange dut plaire à la demoiselle, car peu de temps après la fin de la guerre, Thomas et Lizzie se marièrent.

Si l’amour pouvait triompher dans l’horreur des tranchées pendant la grande guerre, qui sait si la mort elle même pourrait empêcher l’amour deux âmes soeurs. Suivez le destin tragique d’un soldat et d’une aristocrate que tout séparaient, sauf la mort, dans « le fantôme de Hoan Kiem »

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