Antarctique : Des scientifiques découvrent des signes de vie «totalement inattendus» sous la glace.

Des scientifiques faisant des recherches sur un lac antarctique dissimulé profondément sous la calotte glaciaire ont fait une découverte surprenante :  De la boue prélevée par un instrument de forage descendu dans ses profondeurs a révélé d’anciens signes de vie.
La localisation du Lac Mercer, en Antarctique

Cette découverte surprenante a eu lieu en décembre de l’année dernière, après qu’une équipe de l’expédition SALSA (« Subglacial Antarctic Lakes Scientific Access ») ait foré un trou dans une couche de glace épaisse d’un kilomètre sur le lac Mercer, situé sous une banquise, à 600 kilomètres du pôle Sud.

Le prélèvement de limon a révélé pour la première fois les restes d’algues photosynthétiques qui vivaient dans la région il y a des millions d’années, alors que la région appelée maintenant Antarctique était beaucoup plus chaude.

Les chercheurs ont ensuite eu la surprise de découvrir toute une variété de formes de vie supérieures : du crustacé à la plante grimpante,  en passant par des champignons et même un « tardigrade à huit pattes ». Surnommé «ours d’eau», ce micro-animal est un organisme résistant aux conditions les plus rudes. Il résiste à la dessiccation (assèchement total du corps), au rayonnement solaire, aux températures d’ébullition et de gel et peut même vivre plus d’une semaine dans le vide spatial.

un tardigrade semblable à ceux découverts au fond du Lac Mercer

 

Une précédente expédition de forage sur le lac Whillans en 2013, à environ 50 km du lac Mercer, a révélé un environnement débordant de microbes, mais aucun signe d’une vie plus complexe. Pensant que les spécimens avaient peut-être été introduits à l’origine sur du matériel contaminé, l’équipe a nettoyé rigoureusement les instruments et répété le processus, uniquement dans le but de retrouver des formes de vie plus anciennes dans la boue.

Qualifiant cette nouvelle découverte de « totalement inattendue », David Harwood, micropaléontologue de l’équipe SALSA, a déclaré au magazine Nature que les restes découverts étaient en excellent état.

«Ça avait l’air vraiment frais», a-t- il déclaré à propos d’un crustacé trouvé avec de minuscules poils toujours attachés. « Comme si cette créature pouvait se réveiller d’une seconde à l’autre. » Un autre crustacé ressemblant à une crevette a été retrouvé, assechée et décolorée, « comme une feuille qui serait restée par terre pendant la durée d’une saison », ajouta Harwood.

De nombreuses théories sont en train de germer sur la façon dont les organismes sont apparus dans le lac. Certains suggèrent qu’ils ont peut-être vécu dans des étangs et des ruisseaux à proximité pendant les périodes chaudes de retrait des glaciers il y a entre 10 000 et 120 000 ans, avant d’être entraînés dans le lac par des rivières souterraines profondes situées sous la glace ou par un glacier en mouvement.

Après avoir couvert le trou foré en janvier, l’équipe SALSA utilise maintenant la datation au carbone et tente de séquencer l’ADN des créatures afin de les dater avec précision et de les comparer à des spécimens modernes. Cela pourrait fournir des réponses sur le recul des glaciers du continent, il y a des millénaires.

La découverte surprise peut également inspirer de l’espoir pour ceux qui attendent l’exploration future de mondes sous-glaciaires extraterrestres. La NASA envisage en effet de percer la croûte gelée de la lune de Jupiter, Europa, à la recherche d’une vie extraterrestre, tandis que, plus près de nous, sur Mars, de superbes photos d’un cratère rempli de glace d’eau ont émerveillé les les amateurs d’astronomie dans le monde entier.

Si les secrets du Continent le plus secret de la planète vous intriguent, vous pouvez découvrir un autre passionnant article dans notre journal :  « Les Montagnes Hallucinées »

 

 

Article librement traduit depuis l’article sur www.rt.com

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